Les qualités d’un blogue

D’abord, un des faits intéressant de la plateforme blogue est la possibilité pour l’auteur de pouvoir constamment rééditer les thèmes et les articles déjà publiés, grâce à sa qualité de média numérique. C’est un net avantage par rapport à une publication physique, comme un livre ou un périodique, qui une fois passée sous les presses, ne peut changer. On doit attendre une réédition, si cela est possible et selon les contextes. Le blogue favorise donc le perfectionnement de l’argumentaire de l’écrivain. Il permet également à l’auteur de publier régulièrement et souvent, et par le fait même de perfectionner la qualité de son écriture ainsi que ses compétences de rédaction. Ce travail, qui peut se faire quotidiennement, permet une évolution du fond et de la forme de l’auteur, de même qu’une meilleure appréhension de la publication. En effet, il favorise une meilleure gestion du stress vis-à-vis les publications et les réactions des lecteurs, en plus de donner à l’auteur la possibilité d’ajuster, de transformer et de transmettre un contenu de plus en plus juste.

De plus, un des grands avantages du média numérique qu’est le blogue est la possibilité d’intégrer plusieurs éléments multimédias dans un même article. La publication n’est plus simplement que du texte, le web 2.0 permet maintenant l’intégration de format audio et vidéo pour rendre l’argumentaire vivant. Avec une simplicité relative, l’auteur peut mettre des hyperliens, des images et des vidéos en seulement quelques clics de souris. Cela permet de rendre les articles plus dynamiques et intéressant. Ces ajouts permettent également de rejoindre un public plus large, par une vulgarisation en image et en son. Ainsi la consultation des sources peut être instantanée et autorise donc une plus grande transparence du travail scientifique ou argumentaire.

De même, le blogue permet la création d’un réseau médiatique en dehors des réseaux classiques ou traditionnels. Il permet donc une plus grande liberté de presse, « le blogueur [peut] ose[r] écrire ce qui serait passible de censure dans les circuits traditionnels. Il dénonce les idées reçues, propose des avenues de réflexion différentes et se prononce contre les discours sociaux dominants, faisant parfois du blogue un lieu de contestation des institutions (littéraires, éditoriales, médiatiques, éducatives…). (1) Il permet donc une diversité de contenu que les médias classiques ne peuvent nécessairement offrir. Il permet au scientifique de se créer un réseau et de s’émanciper de la pression académique du publish or perish.

D’ailleurs, la grande qualité du blogue est son faible coût et sa relative facilitée d’utilisation. En fait, plusieurs plateformes d’édition comme WordPress permettent la création d’un blogue gratuitement, avec néanmoins quelques limitations. Cependant, pour quelques dollars par année, il est possible pour le blogueur d’avoir un blogue hébergé et fonctionnel. De plus, les nouvelles plateformes permettent maintenant de modifier l’aspect du blogue, la présentation du contenu sans pour autant avec des connaissances avancées en programmation ou en architecture web. Il est maintenant possible de pouvoir communiquer son savoir et ses connaissances sur un sujet sans nécessairement utiliser les médias traditionnels et cela à faible coût.

En fait, l’accessibilité du blogue est un avantage énorme sur les médias traditionnels. Un « monde ouvert accessible à tous, […] qui finalement donne une chance à chacun, quels que soient son itinéraire professionnel [,] ses diplômes », (2) sa religion, son appartenance politique ou la région d’où il provient. Il s’agit en fait d’une démocratisation d’un moyen de communication écrit exceptionnel. Ce média accessible et majoritairement gratuit permet de rejoindre un grand auditoire qui sort du cadre académicien traditionnel des parutions scientifiques. Le blogue permet ce qu’est à la base les écrits scientifiques, un partage du savoir, mais le blogue va plus loin en visant une clientèle mondiale et non pas seulement un petit groupe d’abonnés. (3) La publication est également plus rapide, elle est instantanée, il n’y a pas de long délais avant la publication, il n’y a pas d’attente et d’incertitude, à l’ère du numérique, le blogue répond à la demande, d’accessibilité et de rapidité.

Un autre avantage considérable du blogue est l’interaction qu’il favorise. Tant avec les collègues et pairs qu’avec des lecteurs anonymes, le blogue permet un échange et un dialogue intéressant (4) et permet l’avancement de la science par cette interrelation. Le blogue est « l’image d’un authentique “salon” moderne, un espace à caractère social où peuvent se répondre les divers acteurs de la blogosphère : blogueurs, lecteurs, critiques, tout comme se mettre en valeur par le dialogue et l’écriture. » (5) Il ne s’agit plus d’un simple cercle fermé, mais d’une table ouverte aux échanges d’idées. Conséquemment, le blogue s’inscrit pleinement au sein de l’idéologie des humanités numériques par ses qualités de partage et d’accessibilité que par ses plateformes d’éditions libres. (6)

De plus, les blogues ne sont pas uniquement que des plateformes d’échanges ou des références. En effet, ils sont susceptibles d’être des sources. C’est le cas notamment des Warblogs, véritable journaux intimes ou journaux critiques de certains vétérans, ils permettent d’obtenir une version en dehors des réseaux militaires officiels et par conséquent une pluralité et une vision peut-être plus nuancée de la guerre que les réseaux officiels ne permettent pas, les Warblogs vont être popularisé dès 2003 avec la guerre en Iraq. Le blogue donne la parole aux gens qui naturellement ne l’auraient pas, il diversifie la disponibilité des opinions notamment dans le cas de la guerre d’Iraq (2003) avec des blogues de civiles iraquiens. (7) Donc, pour le chercheur, les blogues, le journal d’opinion ou intime de l’ère moderne, permettent un échantillon complet, prolifique, accessible et diversifié.

(1) Simon, ARÈS, Perspectives et tensions du support dans l’autofictif d’Éric Chevillard, Mémoire de M.A. (Littérature), Université McGill, Montréal, 2014, p.19

(2) Dominique, WOLTON. Internet et après? : Une  théorie  critique  des  nouveaux médias,  Paris, Flammarion, 1999, p88.

(3) Dan, COHEN, « Professors, Start Your Blogs », 21 aout 2006. [En ligne] <http://www.dancohen.org/2006/08/21/professors-start-your-blogs/> (12 avril 2014).

(4) Alex, REID, « Where does academic blogging lead? », 24 mars 2011 [En ligne] < http://www.alex-reid.net/2011/03/where-does-academic-blogging-lead.html> (visité le 12 avril 2014).

(5) Simon, Arès, op. cit. p.16

(6) Marin, DACOS, Manifeste des Digital humanities, mars 2011.[En ligne] <http://tcp.hypotheses.org/318> (visité le 12 avril 2014)

(7) INCONNU, « Blogue », Wikipédia. [En ligne],< http://fr.wikipedia.org/wiki/Blog&gt; (visité le 12 avril 2014)

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